Pokhara

24 mars 2019

Fin de trek, nous reprenons un 4X4 pour Pokhara, ville de 250 000 habitants au sud de l'aire de conservation de l'Annapurna.

Pokhara est le point de départ et d'arrivée des randonneurs et est située sur les bords d'un lac qui est en fait un réservoir artificiel.

Un joli "boardwalk" sépare le lac des terrasses de cafés, bars et restaurants où flânent les touristes de toutes origines car Pokhara est aussi destination balnéaire pour les népalais qui y côtoient les touristes étrangers.

Lors de notre première journée, avec Mauricio, nous avons loué une barque pour traverser le lac et entreprendre l'ascension de la colline sur la rive opposée où se situe la "Pagode de la paix", petit temple (ou "stupa") qui offre une magnifique vue sur le lac et la ville mais aussi sur la chaîne des Annapurna au nord.

Pendant la montée, nous tombons sur Esther et Ben, un jeune couple d'allemands sympathiques rencontrés pendant le trek et décidons d'aller luncher tous ensemble dans un resto belge de Pokhara qui est censé servir les meilleures frites du Népal.

Nous y consommerons notre premier repas de viande depuis notre arrivée en Asie: un gros burger accompagné d'un cornet de frites à la hauteur de leur réputation.

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Au moment de payer, le propriétaire nous mentionne que son resto est le point de rencontre de nombreux instructeurs de parapente, activité qui se pratique tout près, sur un autre colline bordant le lac. Il nous présente Paul, gérant d'une des compagnies qui offre l'activité et après réflexion (et prise d'infos sur l'activité et la compagnie), nous décidons en soirée de nous inscrire pour le lendemain matin.

En après-midi, nous sommes allés dans un refuge de moines tibétains. Lors de l'exode tibétain de 1959, de nombreux camps ont été créés dont deux près de Pokhara. Depuis 1990, pour ne pas froisser la Chine, le Népal a pris la position de retirer leurs droits aux réfugiés tibétains. Ceux-ci n'ont plus le droit de travailler et vivent dans ces camps qui sont en fait de petits villages très aménagés. Ils vivent essentiellement du tourisme et dans le village que nous avons visité, il est possible d'assister à la prière en après-midi.

Nous sommes arrivés tout juste comme la cérémonie commençait. Un moine nous invite de la tête à entrer dans le temple et à nous asseoir contre un des murs extérieurs. Les moines sont assis en U au centre de l'espace devant de longs comptoirs sur lesquels reposent leurs livres de prières. Aux extrémités, deux jeunes moines battent le rythme sur de grands gongs. Essentiellement, les chants sont composés de longs couplets pendant lesquels les moines scandent des passages de leurs textes de façon, il nous semble, tous légèrement désynchronisés. Puis, certains moines sortent des instruments à vent et rejoignent les gongs dans un court segment un peu cacophonique mais étrangement harmonieux au final. Et le tout recommence, parfois sur un rythme un peu différent.

Mais le plus surprenant est qu'à travers ce rituel tout de même assez formel, d'autres moines entrent et sortent, transportant de grosses bouteilles de Fanta et de Coke, balaient soudainement le plancher puis passent la serpillière, roulent et retirent un tapis, le tout le plus naturellement du monde...

Il est interdit de prendre des photos mais nous avons enregistré un extrait des chants.

Retour à l'hôtel et réorganisation des bagages pour donner à Mauricio notre équipement de randonnée. Merci encore Mauricio !!!! :-)

Le lendemain matin, après avoir déjeuné avec Mauricio qui prenait le bus pour Katmandou et versé quelques larmes (en fait, nous voulions être certains de le voir prendre le bus 😜), nous quittons pour notre séance de parapente.

Paul et Igor seront nos "pilotes" en tandem pour un vol qui devrait durer environ 25 minutes. Très professionnel, Paul nous donne un briefing dans le minibus en route vers le site et nous explique qu'il aime bien laisser passer les autres opérateurs et attendre un ciel moins encombré pour s'envoler. Effectivement, sur place, nous attendrons que tous les autres groupes (un bonne trentaine de parapentes au total) soient en vol depuis un moment et qu'ils commencent à descendre pour décoller.

Notre seule tâche: courir en direction du vide lorsque notre pilote nous le dira et ne pas arrêter de courir avant qu'il nous le dise, même si nos pieds sont dans le vide...

Nos deux décollages se font sans histoire et nous nous retrouvons, flottant légèrement dans le ciel de Pokhara, sans bruit, et entreprenons de grands virages pour profiter des colonnes d'air ascendant afin de prendre de l'altitude.

Quelques voiles sont encore en vol mais rapidement nous avons le ciel presque pour nous seuls alors que nos deux parapentes se suivent et que nous pouvons apercevoir le sommet des pics de l'Annapurna, émergeant de nuages naissants qui couvrent leurs bases.

Le moment est magique! Annie, le sourire fendu jusqu'aux oreilles lâche des cris de joie et nous nous laissons porter par nos deux pilotes qui nous amèneront à environ 2 300m d'altitude avant d'entreprendre la traversée du lac en direction de la stupa visitée la veille et que nous survolerons avant de revenir atterrir sur les bords du lac.

Avant d'amorcer la descente, nos pilotes nous demandent si nous voulons effectuer des manœuvres acrobatiques, ce que nous acceptons. Nous laisserons les images parler ici...

Finalement nous serons restés en vol environ 40 minutes et serions aussitôt repartis pour un autre vol si on nous l'avait offert! En fait, François était prêt à aller s'inscrire à un cours pour apprendre à voler un parapente. On reconnait le pilote en lui...

Nous avons tous deux adoré l'expérience!

Retour à Pokhara pour un petit lunch et surtout pour entrer de plein pied dans Holi (1), la fête des couleurs qui débute tout juste.

A l'instar des locaux et autres touristes, nous achetons et enfilons 2 t-shirts cheaps et nous engageons dans la foule joyeuse qui déambule le long de la rue principale. Devant certains bars s'agglutinent des petits groupes qui dansent au son de musiques variées (il y en a pour tous les goûts, du pop au folklore népalais, jusqu'au heavy metal).

Au début, notre apparence immaculée retient sans doute les passants mais un premier groupe nous baptise et rapidement nous nous retrouvons bariolés et nous nous procurons aussi notre stock de poudre colorée pour passer en mode actif. Quelques jeunes appliquent parfois la poudre de façon un peu brusque mais globalement, le tout est plutôt respectueux et bon enfant, et l'ambiance est vraiment festive. Nous terminerons la fête sérieusement colorés!!! NOTE: Même Mauricio n'a pas été épargné à Katmandou...

Retour à l'hôtel pour une bonne douche et pour boucler nos sacs car nous partons tôt le lendemain pour Bandipur.

(1) Holi, also known as Festival of Colors, is one of the most popular festivals in Nepal. It takes place on the full moon day in Nepali Fagu month (February to March in Solar Calendar) and lasts for 2 days. This festival will be held from March 20 to 21, 2019, and March 9 to 10, 2020. Following Dashain and Tihar Festival, Holi is celebrated for the victory of good over evil and the coming of spring. During this colorful festival, Nepalese and foreign tourists will throw each other with dry powder and colored water to express their sincere blessings and good wishes.