Bus de nuit indien
Nous vous avons laissé alors que nous nous apprêtions à quitter Udaipur en bus de nuit... Alors à la demande générale ;-) voici le récit de notre trajet.
Tout d'abord, la "gare" est un petit parking de terre battue sur le bord d'une route dans un quartier industriel, où traînent des colis et quelques touristes occidentaux, seule indication que nous étions sans doute au bon endroit (la seule enseigne sur le petit édifice est en hindi).
Après un moment, sans aucune annonce, un bus arrive et nous devinons que c'est sans doute le bon. On dépose nos gros sacs à dos dans un compartiment extérieur et on monte dans le bus avec nos petits sacs. Passons sur la description du corridor que vous avez pu voir dans l'article précédent. Notre couchette était à l'étage supérieur, car de chaque côté du corridor se trouvent deux rangées superposées de couchettes dans lesquelles on peut tout juste se tenir en position assisse. D'un côté de l'allée, des couchettes simples et de l'autre des doubles.
L'intérieur de notre couchette a aussi les allures d'un casino cheap mais le tout est plutôt propre et confortable. Une vitre coulissante ornée d'un rideau permet d'isoler le compartiment du corridor. La fenêtre extérieure ne s'ouvre pas (le bus est climatisé) et est aussi munie d'un rideau. Le grand luxe!
Nous nous glissons dans nos enveloppes de camping et le bus se met en marche à l'heure prévue (20h30).
Premier constat: la couchette est exactement de la longueur d'une Annie moins un pouce. Il faut donc garder les genoux pliés mais on arrive à trouver des positions à peu près convenables. La route qui sort d'Udaipur est cahoteuse et la suspension à air comprimé absorbe plutôt bien les bosses mais a tendance à nous propulser ensuite dans un marsouinage de quelques secondes...
Nous sortons de la vile et le bus prend de la vitesse mais la route ne s'améliore pas vraiment et régulièrement des dos d'ânes forcent le chauffeur à freiner fortement puis nous nous retrouvons propulsés dans les airs... Le manège (c'est le cas de le dire) durera près de la moitié du trajet de 12 heures. Déjà fatigués, nous réussissons à fermer les yeux malgré les cahots mais à un certain point le "saut" est si fort que nous nous retrouvons littéralement en apesanteur pendant un instant et éclatons tout deux d'un fou rire incontrôlable en retombant...
Heureusement, vers la mi-trajet, la route s'est améliorée et nous avons eu un peu de répit et de sommeil léger pour les dernières six heures.
Douze heures en bus implique aussi une gestion des vessies... environ 2 heures après le départ, le bus s'arrête sans annonce dans un grand parking bordé d'un terrain vague qui servira de latrines. N'ayant pas envie, nous nous disons qu'il y aura sans doute d'autres arrêts aux deux heures... Erreur... Par la suite, le bus s'arrêtera souvent sur la route sans que nous sachions précisément pourquoi. Nous comprenons qu'il faut simplement se présenter à l'avant et se diriger sur le bas côté en espérant que le bus nous attende...
Globalement, une expérience intéressante mais disons que nous étions heureux d'arriver et que la douche et la sieste à l'arrivée ont été bien appréciées...