Arrivée à Safed
Nous voici rendus à Safed, dans le nord, en Galilée.
Hier, nous nous sommes rendus à Bethléem, de l'autre côté du mur. Nous passerons sur les incontournables lieux saints que nous y avons vu.
Nous y avons surtout fait quelques rencontres marquantes. Le chauffeur de taxi que nous avons rencontré à la descente du bus. Il n'y a presque plus de touristes, alors il était content de nous voir arriver et nous aurait promené toute la journée. Le guide que nous avons pris pour visiter l'église de la nativité et qui avait voyagé un peu en Grèce et en Allemagne et qui avouait qu'il n'avait plus le même rapport à la religion depuis son retour au pays. Et ce commerçant dont la boutique fait face au mur. Cet horrible mur, construit collé le long des rues périphérique de la ville.... "Avant, je voyais les oliviers... il n'y a rien de l'autre côté, c'est un champ! Ils disent que c'est pour se protéger mais ils auraient pu le construire plus loin... La seule raison, c'est de s'affranchir le plus de terres possible..."

Banksy qui a séjourné quelques temps à Bethléem a peint quelques oeuvres sur le mur et des textes décrivant la réalité des habitants y sont placardés. Mais le mur reste une horreur et une insulte à la dignité. A une jonction, notre chauffeur nous pointe des roches qui jonchent le sol et nous fait remarquer l'odeur désagréable qui flotte dans l'air... "C'est l'eau qui sent ainsi, ils s'en sont servi pour disperser les jeunes qui lançaient des pierres."

En après-midi, il nous a déposé devant l'entrée de Checkpoint 300 qui permet de retraverser le mur pour aller prendre le bus qui nous ramène à Jérusalem. Un long corridor grillagé qui mène à un baraquement militaire où il faut passer un point de fouille. Le tout est lugubre. Mais ce qui est le plus surprenant c'est que l'endroit est vide. Normalement on nous dit que ça grouille de locaux et de touristes qui transitent mais il n'y a personne.

En rentrant à Jérusalem, la gare est tout près de la porte de Damas qui lie la vieille ville à Jérusalem-est et il est clair qu'il vient de se passer quelque chose vu les nombreux journalistes présents. En traversant le quartier chrétien, nous engageons la conversation avec un commerçant sur le seul sujet de l'heure...
Toutes les conversations que nous avons eu jusque là, principalement avec des non israéliens (surtout des chrétiens) vont dans le même sens. Pourquoi ne peut-on vivre ensemble? Pourquoi vouloir nous empêcher de vivre selon nos rites? Pourquoi tuer ces jeunes? Ils disent tous avoir vu cette vidéo où un jeune menace un policier avec la main, sans arme, et où le policier le descend froidement. Aux infos, le jeune homme a un couteau et attaquait le policier.
Le soir, après souper, une musicienne joue sur une petite place bien surveillée par une douzaine de policiers et de soldats qui quittent soudainement les lieux toutes sirènes allumées. Une dizaine d'autres véhicules défileront, tous dans la même direction... un autre incident, dans un bus cette fois. Il est temps de quitter Jérusalem.
Nous sommes maintenant à Safed, loin de l'action, dans un petit village où déambulent des artistes et des juifs orthodoxes qui ne le sont pas et qui ont l'air un peu bohème. Intéressant mélange...

La jeune femme israélienne qui nous a accueilli à l'auberge nous a donné sa vision des évènements. Essentiellement la peur et l'argument de l'autodéfense, teinté d'un certain mépris pour l'arabe. Souper rapide sur la petite place près de la chambre où le restaurateur, un peu inquiet pour ce qui arrive dans son pays, souhaite que la paix arrive un jour...
Reste que toutes ces rencontres furent aussi intéressantes et instructives que tous les sites que nous avons visité, et Dieu sait s'il y en a ici!
Y aura-t-il jamais une paix dans cette région troublée? Ça semble dur à imaginer...