Varanasi

24 février 2019

Commençons par la conclusion, nous avons adoré Varanasi !

Bien que tous les guides et sites sur l’Inde mettent en garde le visiteur contre les possibles arnaques à Varanasi, surtout autour des temples, ceci nous a beaucoup moins incommodé qu’à Pushkar, peut-être parce que nous y étions préparés. Nous avons plutôt été séduits par sa magie.

La « vieille ville » de Varanasi (Bénarès) borde le Gange et est un dédale de petites allées piétonnières (ou presque, car les motos et scooters y circulent mais pas les tuk-tuks et autres plus gros véhicules).

Depuis notre arrivée en Inde, nous constatons qu’un trajet en voiture avec Uber (ou son équivalent local OLA) coûte environ 25% de moins que le même trajet négocié pour un tuk-tuk… Comme quoi Uber ne bouscule pas que les modèles économiques en place en Amérique. Résultante : la sollicitation la plus agressive dans les villes provient des chauffeurs de tuk-tuks qui se battent pour les clients.

La vielle partie piétonnière de Varanasi est donc exemptée de cette sollicitation et de ce bruit, ce qui est appréciable.

Varanasi/Bénarès serait une des plus vieilles villes habitées (de façon ininterrompue) au monde. Et on sent cette activité incessante, notamment dans les crémations à ciel ouvert qui se succèdent sans fin sur les bords du Gange. Car si on est incinéré à Varanasi, on court-circuite le cycle de la réincarnation et on accède directement au Moksha (Nirvana). Si bien que des dépouilles sont acheminées constamment vers Varanasi, puis à travers les rues étroites vers le Gange, sur des brancards en bambous et enveloppés d'un linceul. On y effectuerait de 200 à 300 crémations quotidiennement. Les cendres sont plus tard disséminées dans les eaux du fleuve. Nous avons assisté à ce rituel qui pourrait paraître un peu troublant mais qui au final est étonnamment simple et accessible...

Varanasi est une des 7 villes saintes (ou sacrées) d’Inde et une foule incessante de pèlerins s’y rendent pour honorer Shiva (déesse de la fertilité), se purifier dans le Gange ou pour procéder à un rituel funéraire.

Mais à tous les 12 ans a lieu la Kumbh mela à Alahabad, juste à côté de Varanasi, et encore plus de pèlerins et de Sadhous se rendent à Varanasi pendant et après Kumbh mela et c'était précisément au moment où nous y étions. Quelle chance! De plus nous étions à la veille de Shivaratria (fête de Shiva), qui aura lieu le 4 mars et que nous pourrons voir à Katmandou. Bref beaucoup d'action et d'animation à Varanasi...

Les Sadhous qui se sont installé graduellement sur les bords du Gange pendant ces quelques jours, sont des moines qui renoncent à toute forme de possessions matérielles pour se consacrer à une stricte discipline spirituelle. Certains sont nus (les Naga Baba) et se couvrent de cendres. Il semble aussi qu'une proportion non négligeable soit composée de personnages aux passés troubles qui recherchent davantage les économies des pèlerins que la quête spirituelle mais plusieurs sont aussi d'authentiques hommes de foi qui enseigne la voie du Sadhana. Nous aurons eu l'occasion d'échanger avec l'un deux, fort sympathique et qui nous a montré des photos et correspondances de plusieurs de ses "élèves" à travers le monde... (Comme vous pouvez le constater, François a trouvé sa nouvelle voie grâce à ce Sadhou. ;-))

Pendant ces 3 journées à Varanasi, nous aurons passé de longs moments à observer la vie au bord du Gange, où on y lave au petit matin les corps et les draps dans une eau boueuse, et aussi à nous promener dans les ruelles de la ville.

Nous avons fait de belles rencontres avec un propriétaire de bateau (on ne peut faire 100 pas sur les rives du Gange sans se faire offrir un tour de bateau) qui a épousé une japonaise et dont le cœur était déchiré entre ces deux pays et ces deux cultures si différentes. Nous y aurons aussi fait connaissance avec un gérant de guesthouse adorable et plein d'humour ainsi qu'avec un jeune guide illettré mais parlant très bien 6 langues (hindi, anglais, italien, espagnol, français et hébreu) et qui nous a fait visité sa ville avec passion.

Nous avons aussi découvert un petit bijou de restaurant sur le toit d'un guesthouse où Emi, une bretonne qui a adopté l'Inde il y a une dizaine d'année, et son mari indien ont créé un savoureux menu combinant plats locaux et pâtisserie française. Le local est aussi un îlot de fraîcheur où nous avons pris le temps de causer politique indienne avec Emi un après-midi.

Bref, beaucoup de belles découvertes et de riches rencontres à Varanasi que nous avons adoré! (oui oui on vous le redit ici ;-))

Nous y étions arrivés par train de nuit (10 heures), un peu fatigués et sans dire que nous nous y sommes reposés, nous y avons puisé une certaine énergie.

Nous en sommes repartis par avion direction Delhi où nous n'avons fait que passer car nous sommes repartis directement de l'aéroport pour 6 heures de taxi vers Rishikesh... mais ce sera là le sujet d'un autre article...

A bientôt...